HPI et HPE : comprendre la différence entre haut potentiel intellectuel et haut potentiel émotionnel
HPI, HPE, hypersensibilité, émotions intenses, pensée qui ne s’arrête jamais… Derrière ces mots, il y a avant tout des enfants, adolescents, jeunes adultes ou adultes qui cherchent à comprendre leur fonctionnement et à trouver leur place.
Aujourd’hui, je souhaite vous parler de la différence entre HPI et HPE. Je ne vais pas aborder ce sujet d’un point de vue scientifique, ni entrer dans les débats autour des tests, des diagnostics ou des stigmatisations que l’on entend parfois.
Je souhaite plutôt vous parler en tant que personne HPE, avec mon vécu, mon parcours, mon expérience professionnelle et les rencontres qui m’ont marquée. Au fil des années, j’ai accompagné des jeunes qui se sentaient différents, incompris, parfois découragés, et que j’ai vu reprendre confiance petit à petit.
Être différent n’est pas une faiblesse. Cela peut devenir une force, à condition d’être compris, accompagné et accueilli avec bienveillance.
Ici, je ne parlerai donc pas de QI, d’échelle de Wechsler ou de WISC-V. Car au-delà des tests que l’on propose souvent aux enfants ou aux jeunes pour comprendre leur comportement, il ne faut jamais oublier qu’il y a avant tout une personne en construction, avec son histoire, ses émotions, ses besoins et parfois une vraie souffrance liée au fait de se sentir différente des autres.
Bien sûr, tous les profils à haut potentiel ne sont pas en souffrance. Certains vivent très bien leur fonctionnement et ont réussi à s’adapter. Mais il reste important d’être attentif à certains signes chez les enfants, adolescents ou jeunes adultes, surtout lorsqu’ils semblent s’effacer, exploser, s’isoler ou perdre confiance.
La grande différence entre HPI et HPE
Pour faire simple, le HPI est souvent davantage dans le mental. Son cerveau fonctionne vite, observe beaucoup, enregistre de nombreux détails et semble parfois ne jamais s’arrêter.
Le HPE, lui, est souvent davantage dans les émotions. Il ressent beaucoup, très fort, parfois trop fort, et peut avoir du mal à réguler ce qu’il traverse.
Un mental très actif
Beaucoup d’idées, une pensée rapide, une grande capacité d’observation, un cerveau qui analyse en permanence.
Des émotions très intenses
Une grande sensibilité, une forte empathie, des émotions puissantes et parfois difficiles à réguler.
En résumé : d’un côté, il y a un cerveau qui ne s’arrête jamais. De l’autre, des émotions qui ne s’arrêtent jamais. Dans les deux cas, le fonctionnement peut être difficile à vivre lorsqu’il est mal compris.
Les étiquettes que l’on colle souvent aux profils HPI ou HPE
Très tôt, les personnes HPI ou HPE peuvent entendre des phrases qui les marquent :
- “Tu réfléchis trop.”
- “Tu es trop intelligent.”
- “Arrête de te faire remarquer.”
- “Tu prends tout trop à cœur.”
- “Tu es trop sensible.”
- “Tu es trop timide.”
Ces phrases peuvent sembler anodines, mais elles peuvent renforcer le sentiment de ne pas rentrer dans les cases attendues par l’école, la famille ou le groupe. L’enfant ou l’adolescent peut alors se sentir différent, incompris, voire rejeté.
Quand la différence devient une souffrance
Lorsque le fonctionnement d’un enfant, d’un adolescent ou d’un jeune adulte est mal compris, il peut apprendre à s’effacer pour faire “comme tout le monde”.
Le HPE peut se replier dans son monde, rêver beaucoup, ressentir les remarques ou les gestes des autres avec une grande intensité. Comme s’il n’avait pas de bouclier pour se protéger, il peut se sentir rejeté, mal aimé ou profondément incompris.
Le HPI, lui, peut parfois se faire remarquer, notamment lorsqu’il ne supporte pas l’injustice, teste les limites ou exprime son malaise par de l’agitation. À l’inverse, il peut aussi complètement s’effacer, pensant devoir se mettre au même niveau que les autres pour être accepté.
Ce n’est pas le haut potentiel en lui-même qui pose forcément difficulté. C’est souvent l’incompréhension, le manque d’accompagnement ou l’absence d’espace pour exprimer ce fonctionnement qui peuvent créer une souffrance.
Mon regard de HPE
Pour ma part, en tant que HPE, mon enfance et mon adolescence ont été compliquées. J’étais très hypersensible, empathique, intuitive et attentive au non-verbal. Je prenais souvent tout trop à cœur.
Ressentir les émotions des autres m’épuisait beaucoup, car je voulais toujours aider. Heureusement, dans ma vie de jeune adulte, j’ai pu être entourée d’amis sincères qui me comprenaient et m’acceptaient avec cette différence.
Mes différentes expériences professionnelles m’ont appris à m’adapter. Mais c’est surtout lorsque j’étais formatrice, au contact des jeunes, que j’ai beaucoup évolué.
Grâce à eux, j’ai compris que cette sensibilité n’était pas une faiblesse, mais une force. C’est justement cette différence qui m’a permis de les aider à se dévoiler, à se révéler et à reprendre confiance.
“Ils ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui : une psychopédagogue à l’écoute, empathique, sensible, mais capable de prendre du recul quand c’est nécessaire.”
Certains jeunes que j’ai accompagnés avaient eux aussi des profils atypiques, des parcours difficiles ou des fonctionnements mal compris. Je dirais que nous nous sommes parfois entraidés. Ils m’ont poussée à me remettre en question, à prendre du recul, à relativiser. De leur côté, ils ont appris à me faire confiance et à comprendre que tout pouvait devenir possible en étant simplement soi-même.
HPI et HPE : deux fonctionnements différents, mais complémentaires
Les profils HPI et HPE peuvent parfois avoir du mal à se comprendre. Quand l’un est davantage dans le mental et l’autre dans les émotions, les échanges peuvent être compliqués.
Pourtant, lorsque chacun fait un pas vers l’autre, une vraie complémentarité peut naître. Le HPI peut apprendre à descendre davantage dans son cœur pour comprendre ce que ressent le HPE. Le HPE, de son côté, peut apprendre à prendre du recul sur ses émotions pour mieux comprendre le fonctionnement du HPI.
Ces deux profils peuvent beaucoup s’apporter lorsqu’ils apprennent à se regarder avec bienveillance plutôt qu’avec jugement.
Votre différence peut devenir une force
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, il est encore temps de vous mettre en avant, de trouver votre place et de vous faire confiance.
Votre différence peut devenir une force, car elle vous permet d’apporter quelque chose d’unique aux autres. Et si vous accompagnez un enfant, un adolescent ou un jeune adulte qui semble différent, hypersensible, en retrait ou en difficulté, le plus important est de l’écouter, de l’observer avec bienveillance et, si nécessaire, de passer le relais.
Vous souhaitez mieux comprendre le fonctionnement de votre enfant, adolescent ou étudiant ?
Un accompagnement psychopédagogique peut aider à mieux comprendre les émotions, les blocages, les difficultés d’apprentissage ou le manque de confiance.
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